La Prajnaparamita

En sanscrit : Bhagavati Prajnaparamita Hridaya.
En tibétain : Tchomdendéma Chérab Kyi Pareultou Tchinpeille Nyingpo.
En français : Le Cœur de la victorieuse Sagesse Transcendante.

Le Sûtra de la Sagesse ou Prajnaparamita expose le principe de vacuité ou non-subtantialité (Sunyata) et fut expliqué par Nâgârjuna.
Le Sûtra du Cœur est le plus court des quarante Sûtra qui composent la Prajnaparamita. C'est l'un des textes les plus importants du bouddhisme Mahayana ou Grand Véhicule. Il explique la vacuité. Ce texte existe en plusieurs versions dont une composée de cent mille vers. Il a pris une grande importance dans le bouddhisme zen avec le concept du vide.


Ainsi ai-je entendu.

En ce temps-là, le Bhagavat demeurait à Rajagriha, sur le Mont des Vautours, avec une grande assemblée de bhikshu et une grande assemblée de bodhisattva ; le Bhagavat était alors absorbé dans un samâdhi connu comme le Profondément Lumineux. Et, en même temps, le bodhisattva mahasattva Aryavalokitesvara se mouvait dans le cours profond de la Perfection de Connaissance Transcendante ; il regarda attentivement, il vit qu'il y avait cinq agrégats et que dans leur nature propre ils étaient vides.

Alors l'ayusmat Shâriputra, par la puissance du Bouddha, s'adressa au bodhisattva mahasattva Aryavalokitesvara : « Comment un fils ou une fille de bonne famille désireux de pratiquer, peut-il s'exercer à se mouvoir dans le cours profond de la Perfection de Connaissance Transcendante ? »

Ainsi interrogé, le bodhisattva mahasattva Aryavalokitesvara parla à l'ayusmat Shâriputra de la sorte :
« Shâriputra, un fils ou une fille de bonne famille désireux de se mouvoir dans le cours profond de la Perfection de Connaissance Transcendante, doit voir attentivement ainsi : voir qu'il y a cinq agrégats et que dans leur nature propre ils sont vides. Voici, Shâriputra, forme est vacuité et vacuité est forme ; forme n'est autre que vacuité, vacuité n'autre que forme ; là où il y a forme il y a vacuité, là où il y a vacuité il y a forme ; ainsi en est-il des sensations, des notions, des samskâra et de la connaissance discriminative.
Voici, Shâriputra, tous les dharma ont pour caractéristique la vacuité ; ils sont sans naissance, sans annihilation, sans souillure et sans pureté, sans déficience et sans plénitude.
C'est pourquoi, Shâriputra, dans la vacuité, il n'y a ni forme, ni sensation, ni notion, ni samskâra, ni connaissance discriminative ; ni œil, ni oreille, ni nez, ni langue, ni corps, ni mental ; ni formes, ni sons, ni odeurs, ni goûts, ni objets tangibles, ni objets mentaux ; ni élément de la vue, ni élément de la connaissance mentale ; ni absence de vue, ni cessation de l'absence de vue, ni déclin et mort, ni cessation du déclin et mort ; ni souffrance, ni origine, ni extinction, ni sentier ; ni connaissance, ni obtention, ni absence d'obtention.
C'est pourquoi, Shâriputra, le Bodhisattva, par sa qualité de "sans obtention", prenant appui sur la Perfection de Connaissance Transcendante, demeure la psyché libre d'obstruction. N'ayant pas d'obstruction de la psyché, il ne tremble plus, il a surmonté les méprises et il atteint finalement nirvâna.
Tous les Bouddha qui se tiennent dans les trois périodes de temps, prenant appui sur la Perfection de Connaissance Transcendante, se sont pleinement éveillés au pur et complet Éveil.
C'est pourquoi on doit connaître la Perfection de Connaissance Transcendante comme le grand mantra, le mantra de grande Vue, le mantra ultime, le mantra sans égal, celui qui soulage de toute douleur, connu pour être véridique et sans erreur. Par la Perfection de Connaissance Transcendante, ce mantra a été proclamé : TADYATHA GATE GATE PARAGATE PARASAMGATE BODHI SVAHA (Parti, parti, parti au-delà, parti complètement au-delà, Bodhi, Svâhâ, c'est-à-dire : Allé au-delà jusqu'au puissant fond de l'éveil, Bodhi, ainsi soit-il).
Ô, Shâriputra, c'est ainsi que le Bodhisattva devrait s'entraîner à la profonde
Sagesse Transcendante. »

À ce moment-là, le Bienheureux sortit de son samâdhi pour approuver le grand Bodhisattva Aryavalokitesvara et lui dit : « Bien dit, bien dit, noble fils ! Il en est bien ainsi ! C'est bien ainsi que doit se pratiquer la Profonde Prajnaparamita. Ce que tu viens de prêcher, les Tathagata et les Arhat y applaudissent sans réserve. »
C'est ainsi que parla le Bienheureux, le cœur plein de joie.

Le Vénérable Shâriputra et le grand Bodhisattva Aryavalokitesvara avec toute l'assemblée et le monde des dieux, des hommes, des asûra et des gandharva, tous louèrent les paroles du Bhagavat.


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