C’est l’un des meilleurs films que j’ai eu l’occasion de voir l’année dernière, en tout cas, le plus innovant à tous points de vue.
Stephen Chow nous fait partager son attachement et sa tendresse pour les arts martiaux. Il leur rend un grand hommage dans ce film. On a l’impression qu’il veut ainsi nous montrer sa reconnaissance pour tout ce qu’ils ont pu lui apporter jusqu’à présent. Que ce soit dans sa vie ou dans sa carrière professionnelle.

Il y a beaucoup d’invention et de créativité dans Shaolin Soccer, tant du côté des idées que de l’utilisation des effets spéciaux.
Des effets spéciaux à couper le souffle. Matrix and Co. se sentiront peut-être dépassés... Effectivement, c’est avec de tels films que l’on comprend mieux les choix des frères Warchowski. Ces derniers sont de grands amateurs de films de Hong Kong ; ils ont choisi de s’en imprégner puis de s’en inspirer pour leur fameux Matrix.
Le kung-fu est utilisé ici avec une grande originalité. Il faut voir Stephen Chow montrer à Ng Man Tat ce que le kung-fu pourrait apporter dans le quotidien !
Imaginez, par exemple, une personne glissant sur une peau de banane et s’étalant de tout son long. Vous me direz « classique ! » Oui, mais avec le kung-fu, cette personne pourrait se rétablir après avoir glissé, tout en vous faisant un saut périlleux arrière. Et, ensuite, marcher en apesanteur sur les peaux de bananes suivantes sans s’écraser le nez par terre. Il fallait oser, et Stephen Chow l’a fait !

J’ai beaucoup aimé la scène où une jeune femme essaie de garer sa voiture dans un emplacement plutôt réduit. Elle pourrait le faire littéralement en deux trois mouvements, si elle avait appris le kung-fu !
Les matchs de football sont tellement surréalistes, que l’on pourrait les comparer à un manga. Souvenez-vous, dans les années 80, de Olive et Tom : j’ai tout de suite fait un parallèle entre cette série animée et les matchs du film.
On peut affirmer qu’ici, lors des matchs de foot (ou des entraînements), l’expression « taper dans le ballon » prend véritablement tout son sens... D’ailleurs, le personnage de Stephen Chow a un surnom, il est appelé à juste titre « jambe d’acier », il arrive à vous démolir un mur avec un seul shoot dans le ballon.
Chaque joueur de l’équipe de Shaolin a des « pouvoirs » différents : celui qui est rond peut littéralement s’envoler pour pouvoir frapper les ballons en hauteur ; le plus âgé - fumeur invétéré - arrive à aspirer avec son ventre et à restituer le ballon lorsqu’il le désire ; Stephen Chow frappe dans le ballon avec une telle force qu’il peut trouer un mur. Et puis, il y a le goal, véritable sosie de Bruce Lee, que ce soit physiquement ou par ses mimiques. C’est un des sosies les plus convaincants que j’ai eu l’occasion de voir.Il y a quelques scènes mémorables. Lorsque Stephen Chow et Ng Man Tat chantent (très faux) habillés en moines Shaolin, on retrouve l’humour potache des précédents films de Chow. Cette scène s’intègre parfaitement dans le ton du film sans l’alourdir, car elle est empreinte d’espoir pour ces personnages qui, au départ, sont tous des « loosers ».
Le match de l’équipe Shaolin contre les femmes grimées en hommes restera dans les annales. Maquiller en homme Karen Mok, il fallait y songer !L’histoire d’amour est traitée tendrement. Stephen Chow, au départ, n’est fasciné que par les qualités martiales de sa douce, Zhao Wei (Vicky Zhao Wei, nouvelle venue dans le cinéma de Hong Kong).
La scène ou elle pétrit la pâte est poétique et m’a fait penser par certains détails à The Tai Chi Master, lorsque Jet Li découvre par le tai chi et l’eau la capacité de repousser et de restituer les éléments, sans utiliser la force pure (d’ailleurs, courez voir ou louer ce Tai Chi Master !).Le personnage de Chow croit en son projet et se bat pour y parvenir, malgré les doutes et les réticences des gens qu’il rencontre. Shaolin Soccer arrive même à dénoncer l’exclusion, le dopage et les dessous-de-table versés aux arbitres.
En bref, un film que l’on peut qualifier de jubilatoire, on ne s’ennuie pas une seconde. On s’amuse beaucoup, on sourit, on s’émeut, on se prend même au jeu.
Nous avons appris sur un site américain que Miramax a acheté les droits du film qui va sortir aux USA le 5 avril. Horreur ! Malheur ! Le film sera amputé d’une demi-heure, et la B.O. sera remplacée par du rap... Est-ce le tribut que le cinéma de HK doit payer pour pouvoir s’expatrier aux USA ?
Espérons que, si le film sort en France, c’est la V.O., et non cet ersatz, ce film massacré selon l’habitude des Américains...

Le journal Libération s’est intéressé au film et a interviewé le vendeur de la boutique Musica dans le XIIIe à Paris, à la mi-janvier. Le vendeur, qui m’en a parlé, était étonné que Libération se soit déplacé pour l’interroger sur Shaolin Soccer. Espérons que c’est de bon augure pour une sortie éventuelle sur grand écran en France ! .^__^.
Shaolin Soccer : analyse de la censure
Un article par Laurent Gonel en exclusivité pour Oasies.com où il passe au crible les scènes coupées. Ici
Consultez aussi l’article du Monde sur Shaolin Soccer : Ici
Libération.fr : Enthousiaste, Ici