Athama Ashen est un peu découragé... Il noie sa mélancolie dans la mer, tandis que votre chroniqueuse s’enfonce dans les salles obscures... Et - surprise ! - il y a du monde, après les quatre pelés et le tondu des deux derniers jours. C’est à se demander comment survit ce festival...

Whispering Sands de Nan T. Achnas, Indonésie, 2001 (en compétition)
Les femmes des sables...
Les femmes ont la vie dure. Et celles des contrées des sables en Indonésie n’échappent pas à la règle.
Abandonnée par son mari, une femme droite et digne survit comme elle peut avec sa fille, une superbe adolescente, qu’elle couve et protège. Daya, la jeune fille, ne connaît de la ville que les effluves et pas de danses apportés par sa tante en visite. Le retour inopiné du père, qu’elle espérait tant, bouleversera leur vie.
Si le sujet n’est pas nouveau, ce pays de sable en revanche l’est. La photographie est magnifique et la musique est envoûtante. Et même si l’on devine bien ce qui advient, on se laisse captiver par la beauté qui se dégage... D.C.
A Small Miracle de Kenneth Bi, Hongkong, 2000 (section Vidéo)
A Small Miracle n’a rien de bien miraculeux. Cette vidéo numérique de Hongkong nous entraîne à la suite d’un comptable quelconque qui reçoit un jour par erreur un paquet contenant des centaines de pilules d’ecstasy. Notre homme se fait un petit magot en en vendant la bonne part et subit une légère transformation : il prend de l’assurance qui lui donne un certain cool.
Là encore, rien de bien neuf. Comme d’autres films, ce qui commence de façon amusante et avec un certain rythme finit par s’étirer en noyant la sauce. On ne sait pas où trancher...
Je retiens toutefois la popularité des sagas télévisuelles hongkongaises, que notre homme et ses parents suivent religieusement, ainsi que celle des héros de la japanimation, comme Ultraman... Cela confère aux Hongkongais un côté d’éternels adolescents. De plus, le couple semble mener une vite très chaste, qui tranche avec l’image plus délurée souvent montrée par Hongkong. On retrouve là une retenue et une pudeur toute chinoise pour nous Occidentaux... débridés. D.C.
Le certificat de mariage, de Huang Jian Xin, Chine, 2001 (section Panorama)
Coup d’œil sur la vie d’aujourd’hui dans une grande ville de Chine. Outre les comités de quartier et les tracasseries administratives, on se rend compte que les Chinois vivent comme « le reste du monde », en l’occurrence nous, Occidentaux, qui visionnons le film.
Le certificat de mariage nécessaire à l’obtention de certaines compensations est introuvable. Devenu une véritable obsession pour la femme, il conduit à la déchirure du couple sous les yeux de l’enfant. L’adolescente - c’est elle qui raconte l’histoire - refuse cet état de fait et emploie les grands moyens pour réunifier la famille. C’est là que, malheureusement, la morale se fait sentir pour le bien de la nation chinoise et des autres, puisqu’on y est, et que l’intrigue perd un peu de crédibilité. C’est dommage, parce que le film démarre plutôt bien, avec humour, ponctué ça et là de séquences animées - eh oui, cette Chine qu’on imagine autre est moderne et occidentalisante. On boit du coca, on mange de la pizza, et les jeunes filles rêvent d’un homme dont les caractéristiques physiques sont toutes empruntées à des acteurs de Hollywood. Par ailleurs, toujours la retenue... L’amour de la femme pour son mari s’exprimerait par la cuisine (bien chinoise cette fois) qu’elle a apprise pendant un an. Et c’est toujours la femme qui tient les cordons de la bourse ménagère.
Bref, après un début rigolo, le film se perd en digressions au lieu de se resserrer sur le couple. Malgré tout, j’ai apprécié ce coup d’œil sur la Chine d’aujourd’hui. D.C.
Hommage au studio Madhouse (hors compétition)
Programme Ichi :
• DNA Sight 999,9 Fireforce de Masayuki Kojima, Japon, 1998
Me voilà de retour dans les salles obscures pour assister au voyage des humains à la conquête de l’espace afin de sauver le peu d’humanité de la terre. Probablement un épisode pilote qui laisse présager de belles aventures spatiales. Les débuts sont souvent difficiles, tout est à mettre en place. Mais on sent une force se dégager et, à la fin de l’épisode, nous avons droit à l’apparition d’Albator en « guest star »... Il est toujours aussi beau ^_^ !
• Trigun de Satoshi Nishimura, Japon, 1998
On s’attend à du vrai western spaghetti si on regarde le générique. Mais il n’en est rien. C’est du western humoristique à la japonaise. Si on se prend au jeu, on éclate de rire. Si on est allergique, vaut mieux dormir.
Moi, je me suis bien amusé. Bonne série.
• Petshop of Horrors de Toshio Hirata, Japon, 1999
Voilà une bonne surprise ! Une série fantastique de haute tenue ! On ne lésine pas sur les moyens d’effroi. Ce dessin animé ne s’adresse pas à un public jeune. On est tenu en haleine de bout en bout, ce qui est rare. Les personnages principaux sont déconcertants, nous sommes loin du manichéisme habituel. Il y a une moralité, certes... mais la mort rode partout. Si vous achetez un animal chez ce marchand particulier, respectez bien ses consignes. Oui, respectez-les bien... Brrr.
Metropolis de Rintaro, Japon, 2001 (section Panorama)
C’est un dessin animé que l’on attendait ardemment... Est-ce que l’on est déçu ? Probablement non. Mais est-ce que l’on est satisfait ? Difficile à dire. En tout cas, les moyens déployés sont immenses. Metropolis sera probablement un conte à narrer aux enfants et aux grandes personnes. Les décors de gratte-ciel sont fabuleusement gigantesques... à la hauteur du nom de Metropolis. Grandiose est le mot qui vient à l’esprit à chaque plan. Même si c’est Rin Taro qui est aux commandes, on reconnaît les robots (typiques ?) d’Otomo... Robots qui manquent de tomber en panne à chaque fois, mais qui continuent de travailler pour servir l’humain.
C’est une oeuvre impérissable à ne voir qu’une fois.
Il est vrai... À ne voir qu’une fois pour rester subjugué par la magnificence de l’animation. À ce deuxième visionnement, l’intrigue paraissait curieusement plus rythmée, mais la magie avait un peu disparu... D.C.
Running Out of Time de Johnnie To, Hongkong, 1999 (hommage à Johnnie To)
Quand il vous reste 72 heures à vivre, déciderez-vous d’escroquer... des escrocs ? C’est ce que va faire Andy Lau en élaborant un plan alambiqué pour parvenir à ses fins. Son audace, qui n’est plus handicapée par la peur, va le pousser à faire des actions insensées, coiffant au passage l’inspecteur Ho (un fin limier). Les courses-poursuites entre les deux personnages constituent évidemment l’intérêt du film, où les deux hommes jouent au chat et à la souris... La mélancolie du cambrioleur est bien joué par Andy Lau qui fait une belle prestation d’acteur. Un de ses plus beaux rôles ? Ce film est à découvrir.
Du bonbon ? Deux ans plus tard, toujours aussi agréable ! D.C.
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