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Parler des Arts Martiaux autrement

dimanche 20 octobre 2002, par Florence Braunstein

En même temps que l’automne arrive, un nouveau type de tribune aussi : parler des Arts Martiaux sous une autre forme. Pendant longtemps, nous avons centré nos réflexions principalement sur leur seul aspect historique, n’ayant pas encore assez d’éléments pour le faire sur celui de leur aspect sociologique, anthropologique, voire philosophique. Les Arts Martiaux en cinquante ans ont évolué au rythme de notre société, de nos modes de vie, mais nous, par rapport à eux, pas assez vite dans notre façon de les concevoir.


Nous pouvons largement déplorer que la image 171 x 128 (JPEG)plupart des revues d’Arts Martiaux, qui constituent le mode le plus rapide de diffusion des renseignements sur ces techniques de combat, continuent de privilégier abondamment les questions relatives à leur efficacité technique, les réduisant ainsi le plus souvent à de simples pratiques d’attaque et de contre-attaque. Nous déplorons aussi qu’elles fassent fi de la demande des pratiquants, sans cesse croissante depuis les années 9O, sur leur contexte culturel, religieux, philosophique. Pourtant, les questions afférant à leurs problèmes identitaires, que sont-ils exactement, comment nous les avons dénaturés, image 200 x 132 (JPEG) vers quoi tendons-nous maintenant, sont liées aussi aux précédentes. Les Arts Martiaux constituent un tout, et nous devons les appréhender dans l’état d’esprit de leur totalité sans privilégier un de leurs aspects plus qu’un autre.

La diversité des disciplines qui se sont penchées sur leur compréhension n’a fait que rendre le problème encore plus complexe. Il ne faut pas non plus négliger les considérations philosophiques, religieuses qui les encadrent, les envisageant tour à tour comme des technologies du soi, des techniques de méditation, des pratiques de bien-être, etc.

La question de leur rapport à l’Occident est double. Doit-on les envisager comme des Arts de survie ou comme un simple produit culturel importé ? Dans les deux cas, comment et par quoi peut-on relier l’un à l’autre ? Nous avons considéré que l’ensemble avait subi un processus d’acculturation et d’intégration en Occident, qui l’a transformé diachroniquement et synchroniquement. Seulement,ces techniques de combat dans leur histoire n’ont jamais cessé d’être modifiées, réajustées en fonction des besoins des lieux et des époques. Ainsi, après l’ère Meiji, pour être mieux adaptées aux besoins de la police japonaise, les techniques d’immobilisation furent connues différemment, le matériel allégé, etc.

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L’histoire des Arts Martiaux pourrait se résumer à un perpétuel remaniement des pratiques, des armes, des stratégies, parce qu’il ne peut pas y avoir de techniques, de connaissances, sans progrès. En dehors de cela, il y a la façon dont nous les envisageons qui fait que nous leur donnons un sens plutôt qu’un autre. La frontière est mince entre ce que nous appelons sport de combat, techniques de défense, Arts Martiaux. Nous nous appuyons tour à tour sur des normes culturelles que nous ne cernons pas toujours avec pertinence et nous pouvons laisser échapper sans le image 98 x 202 (JPEG)savoir des données qui pourraient s’avérer essentielles. Quelles différences faire entre l’art de la canne à la française et celle du Jo ? Comment se voir marcher dans la rue quand on est au balcon ? De toutes façons, même si les conditions de leur retransmission ont été faussées, les cultures font des sélections quasi-darwiniennes de ce qui les intéresse. Nous n’avons pas davantage pu reproduire le contexte nécessaire à leur enseignement. Nous avons imposé consciemment et inconsciemment nos rites, nos rythmes, notre imaginaire, nous éloignant chaque fois davantage des véritables réalités du bujutsu.

Nous avons de plus en plus institutionnalisé tout un rituel hybride, complexifiant et esthétisant de plus en plus les techniques de combat, les situant à mi-chemin de notre société en mal de recherche de nouvelles valeurs et de celle d’une Asie désireuse d’effacer toute trace de martialité. La mise en place de tous ces symboles a contribué aussi à créer une dichotomie entre bujutsu et budô dans notre esprit, qui a refusé d’y voir une filiation directe. D’où le malaise grandissant pour certains pratiquants qui voient l’entrée des Arts Martiaux dans le monde du sport comme le résultat d’une nouvelle rupture.

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Que l’on se souvienne de l’histoire du sumo, tour à tour envisagé comme jeu, comme spectacle, comme art de guerre. Il y a eu là une évolution, une continuité. La déstabilisation réside surtout dans les exigences différentes demandées entre pratique traditionnelle et compétition. De là découlent aussi les questions sur le problème de l’efficacité des techniques, des disciplines elles-mêmes. L’efficacité s’avère liée à la qualité et à la quantité d’entraînement que s’impose le pratiquant et à sa faculté à anticiper n’importe quels types de situation dans lesquels il peut se retrouver. Et que sais-je encore comme disait Montaigne....

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Note : Il serait bien que vous puissiez m’aider régulièrement à alimenter cette chronique par vos remarques, vos points de vue, vos connaissances de certains aspects des Arts Martiaux ou tout simplement par ce qu’ils vous suggèrent en tant que pratiquants. Alors laissez de côté quelques minutes le tatami et à vos claviers !

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6 Messages de forum

  • > Parler des Arts Martiaux autrement

    20 mai 2003 02:20, par Mauricio AM.Delso

    Tel est pris, qui croyait prendre.

    Que cherche t-on dans les arts martiaux de nos jours ? Un ensemble de techniques destinées à nous défendre ? Une pratique apportant des bénéfices de santé ? Un simple exutoire pour le stress après le travail ? La rencontre avec une culture différente ? Une source de sagesse autre que la nôtre ? Un oasis d’exotisme dans nos vies ? Une identification à un héros ? Un lien sacré avec les guerriers d’antan ?... Difficile de donner une réponse, cet échantillon de questions multiples que nous pouvons nous poser donne une idée de la diversité des raisons qui nous mènent un jour dans un dojo. Ceci est d’abord dû au contexte socio-historique. De nos jours les arts martiaux ne sont plus réservés à l’armée, castes guerrières, clans... N’importe qui pratique les arts martiaux, les instituteurs, le boulanger du coin, les étudiants, les artistes, les professionnels de la sécurité, les cadres commerciaux...Chacun y trouve son interêt et il y a en France un choix énorme de disciplines pouvant faire face à cette diversité de genres. Il n’est donc pas diffile des lors de comprendre pourquoi les arts martiaux ont perdu de leur essence, pourquoi ils ne sont plus aussi authentiques. Cette même diversité de public, n’ayant pas les mêmes centres d’interêts sociaux, leurs pratique sera donc différente. Et dans la bonne logique commeciale dans laquelle certains professeurs ont choisi d’enseigner, ils feront l’impasse sur certaines caractéristiques culturelles, philosophiques ou religieuses, pour répondre ainsi à la demande du "client". Ceci pour le côté "business". Pour ce qui est de l’acculturation, nous ne pouvons que prendre des ces cultures que ce qui nous intéresse, bien souvent plutôt ce que nous pouvons comprendre, ce qui par la lumière de quelques érudits nous parvient. C’est un monde mystique dans l’imaginaire de tout un chacun, sauf pour certains d’entre vous qui savez qu’une pratique véritable se trouve dans le réel, dans une pratique dénuée de toute spiritualité vagabonde et sans nom. Je le connais celui-là, il a découvert les arts martiaux grâce à un film de Bruce Lee, il s’y est intéressé de près, il a commencé à pratiquer, à s’intéresser à la culture d’origine de sa discipline, seulement en ce qui concerne les arts martiaux, il croit pouvoir comprendre au travers de brèves lectures dans des magazines dont les photos sont plus parlantes que les articles, cet autre monde, qui lui semble si familier à force de le côtoyer. Le christianisme de sa culture ne l’intéresse pas, Dr Wang lui n’allais pas à la messe. Il fréquente des asiatiques qu’il admire cars ils sont proche de son monde, alors qu’eux mêmes parfois en sont loin, il finit par prendre l’avion pour aller au berceau des arts martiaux et là devant le temple de Shaolin, entre deux touristes et un moine-guide-officiel, il se lie avec un passé ancestral de guerriers par une longue méditation, plongé dans la fumée d’un encens, lié avec des aïeux qu’il n’a jamais eu. Dans son périple il rencontre une chinoise dont il tombe amoureux, on se demande pourquoi, finit par la faire venir en France et organise un mariage taoïste, car converti. Notre Dame de Paris ? Il ne l’a jamais vu qu’en carton pâte dans la vidéo du spéctacle. Ses ancêtres se sont les guerriers de la Dynastie Ming, son monde, un dojo, des magazines et le thé vert acheté dans le 13ème, son futur...une acculturation négative. Car tôt ou tard dans sa vie, la sagesse issue des expériences de la vie lui rappeleront qu’il était plus proche des légionnaires romains. On prend dans une culture d’adoption que ce qui nous est indispensable à sa compréhension selon nos interêts. Et le Budo est bien loin pour la plus part d’entre nous, surtout de ceux qui ne le cherchent pas. Ne pas se perdre soi même ! Si les arts martiaux constituent encore un moyen de bien apprendre à se connaître, avouez que ce serai dommage ensuite de se pedre dans une autre culture. La source principale de notre évolution dans le chemin des arts martiaux est la connaissance que l’on acquiert de soi même, grâce à laquelle on peux mieux aller vers les autres. L’ignorance de notre propre culture martiale, de notre histoire, est une porte ouverte à toutes les dérives. Comme le dit le proverbe chinois : "L’ignorance est la nuit de l’esprit, mais c’est une nuit qui n’a ni lune ni étoiles". Je pense nous nous servons de nos jours de cultures, comme de petits fours sur un plateau, certains nous attirent plus par leurs couleurs, d’autres par leurs contenu, enfin pour leur goût. Quoi qu’il en soit, on ne se demande pas forcément comment ils ont été fait et par qui, on se contente de les avaler et d’en jouir un petit verre à la main. Certains plus curieux que d’autres trouverons le chemin...de la cuisine pour rencontrer le chef. Si il est vrai que les arts martiaux ont toujours évolué avec les sociétés, la nôtre en a fait de même, et il est libre à tout un chacun de prendre l’avion dans l’espoir de trouver dans les pays d’extrême-orient une source encore non souillée par notre "occidentalisme impérial". Mais j’ai ouïe dire par certains voyageurs que la France est vraiment le pays des arts martiaux... En conclusion je déplore également que les magazines s’acharnent à ne montrer que le pointe de l’iceberg, mais malheureusement c’est aussi parceque parfois il n’existe qu’une "pointe" de connaissances et nous ne pouvons prétendre d’un diplomé fédéral d’être en plus historien. Les arts martiaux se pratiquent en groupe certes mais le cheminement vers l’éveil se fait seul. Il faut simplement trouver les bons guides.

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    • Merci devotre intervention . Nous sommes d’accord sur l’évolution ou la dérive ,pourrait-on, dire même des arts martiaux . Le problème majeur est que d’ici une vingtaine d’années nous n’aurons plus de vrais guides , car les données martiales authentiques auront disparu..Toutle problème dela transmission....A bientôt . Le ronin

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    • > > Parler des Arts Martiaux autrement 16 septembre 2003 16:55, par Teoua Michael
      j’ose bien y penser et croire que de nos jours la plupart des pratiquants sont attirés vers l’art martial sans aucun éthique ,juste une curiosité et une envie de se faire un nom ou bien une satisfaction personnelle,se faire du gain ;hélas il est amer de le dire car beaucoup d’esprits orientés dans ce sens ne pourront jamais profiter du don divin de la pratique d’art martial car elle est beacoup plus une realité profonde de l’union de l’esprit aux forces de la nature et un contrôle de soi dans l’univers . La question souvent appelée la méditation doit pouvoir surgir chez chaque pratiquant,penser et accepter que l’art martial ne se reduit pas seulement au entrainements compétitions bref se battre et prouver aux autres qu’on est le meilleur . chaque fois, dans notre esprit,nous devons orienter l’art martial vers une mnouvelle façon de vivre ,de se comporter et si nous arrivons à nous isoler du monde exterieur dans cette pratique le pus souvent nous comprendrons la valeur intrinsèque de contrôler notre corps et de nous éléver dans la sphère sublunaire voire atteindre Dieu.

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    • > > Parler des Arts Martiaux autrement 16 septembre 2003 16:56, par Teoua Michael
      j’ose bien y penser et croire que de nos jours la plupart des pratiquants sont attirés vers l’art martial sans aucun éthique ,juste une curiosité et une envie de se faire un nom ou bien une satisfaction personnelle,se faire du gain ;hélas il est amer de le dire car beaucoup d’esprits orientés dans ce sens ne pourront jamais profiter du don divin de la pratique d’art martial car elle est beacoup plus une realité profonde de l’union de l’esprit aux forces de la nature et un contrôle de soi dans l’univers . La question souvent appelée la méditation doit pouvoir surgir chez chaque pratiquant,penser et accepter que l’art martial ne se reduit pas seulement au entrainements compétitions bref se battre et prouver aux autres qu’on est le meilleur . chaque fois, dans notre esprit,nous devons orienter l’art martial vers une mnouvelle façon de vivre ,de se comporter et si nous arrivons à nous isoler du monde exterieur dans cette pratique le pus souvent nous comprendrons la valeur intrinsèque de contrôler notre corps et de nous éléver dans la sphère sublunaire voire atteindre Dieu.

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    • > Parler des Arts Martiaux autrement 19 avril 2006 10:47, par Caillou

      Oui, au fait, quid des traditions martiales occidentales, des hoplites athéniens, des combattants spartiates, des légionnaires romains, des archers anglais et des chavaliers... Elargir sa culture c’est peut-être commencer par ne pas renier celle qui nous a construit. Il en va des cultures comme des êtres pour s’allier pour la prospérité c’est chercher les points communs universels et fonciers qu’il convient peut-être de faire plutôt que de créer des factions sophistes dissertant sur les mérites et les supériorités formelles des divers arts martiaux. Sur le champ de bataille il n’y en réalité aucune différence entre un hoplite aux Themopyles et un samourai à Sekigahara. Il évoluent à des siècles et des milliers de kilomètres de distance sur le même plan ultime d’expérience humaine. Tous deux se sont entrainés avec abnégation et ferveur et ont donc bénéficié d’opportunités répétées sans cesse d’apprendre des choses essentielles profondes et pourtant tellement paradoxales et surtout transposables jusque dans les expériences les plus profondes de la vie. Les arts martiaux asiatiques se souviennent d’eux-mêmes et se racontent encore à ceux qui ont la patience d’écouter et la détermination à comprendre. Les arts martiaux occidentaux se sont oubliés...

      Trouvez moi un club ou on pratique l’art des hoplites et j’irai ! Mais de même que chez nous on mange du pain et là-bas on mange du riz l’important est qu’on ait le ventre plein d’une nourriture qui fait grandir et fortifie les enfants.

      L’idée est d’étudier l’art de l’ennemi et de finir par le trouver tellement admirable qu’il ne peut plus être l’ennemi. Attention aux jeux de miroirs et aux manifestations pernicieuse du narcissisme...

      Rappelons-nous que Ueshiba etait un vétéran d’une des guerre les plus abominables, il en est revenu pour nous délivrer un message.

      Le message est désabusé et paradoxal il dit que la guerre est le seul espace ou on apprend vraiment quelquechose d’authentique et qu’il faut pourtant refuser de la faire. Alors que faire ?...

      Inventer l’Aîkido, peut-être.

      Par chez nous, qui sont les jeunes hommes qui ont fait la guerre pour de bon ?

      Ils sont porteurs du même message.

      Croyez-moi, la guerre est une abomination une fois qu’on l’a faite on n’aspire plus qu’à la paix.

      Mais parce qu’on est idiot il faut s’engager à effectuer le cycle complet, payer le prix. Ce n’est pas les jeux video, la guerre...

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    • > Parler des Arts Martiaux autrement 22 juillet 2007 18:13, par dris

      bonjour, je suis interressés par les arts martiaux et suis prêt à quitter la France pendant quelques temps pour le découvrir et l’apprendre, je voudrais savoir ou puis-je me renseigner s’il vous plait, je suis agé de 32 ans , merci beaucoup si vous me répondez

      cordialement Farid

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