L’avenue Tran Phu est en train d’être prolongée. Déjà, un nouveau pont, très proche du littoral, en aval de celui qui arrive au pied des tours Cham de Po Nagar, a été construit et n’attend plus que la prolongation de l’avenue Tran Phu et de son pendant au nord (Tran Phu B, encore appelée Hon Chong). Pour cela, de nombreuses habitations et installations de pêcheurs ont été détruites. Les habitants auraient toutefois été relogés, au moins en partie, dans de nouvelles constructions. Néanmoins, il reste toujours un vaste quartier d’habitations très humbles entre les deux ponts, faites de tôle et de bois, agrégées les unes aux autres, autour de la petite baie. Cette nouvelle route rendra plus facile la traversée de Nha Trang, en évitant le centre et les petites rues bondées, et devrait servir à développer le potentiel touristique du nord, c’est-à-dire hôtels et compagnie.
À propos de la rue Hon Chong, nous sommes allés faire le repas de clôture de notre semaine et d’au revoir dans un super restaurant de fruits de mer. En fait, on y va à chaque voyage à Nha Trang. En attendant que Tran Phu rejoigne Tran Phu B, on passe par le centre de Nha Trang pour se rendre au « Trung Duong », le restaurant en question. Encore assez inconnu des touristes ou encore trop loin des hôtels, il est situé sur Tran Phu B qui longe la plage. Vu le trafic, cette rue sert de terrain de foot improvisé en attendant d’être reliée. Les tables sont toutes en terrasse. Vous pouvez voir les bassins où sont

conservés les pauvres crevettes, crabes, poissons et autres bêtes marines que vous allez savourer sous toutes les formes que vous souhaitez, arrosés d’une bonne bière fraîche. C’est ultra frais, bon, pas cher et sympa.
La zone un peu plus au nord, juste après le quartier du resto Trung Duong, est assez jolie et typique. Accidentée et très verte, les habitations se mêlent à la végétation. Les routes en terre se transforment en bourbier avec la pluie comme celle qui est tombée toute cette semaine. Ce patelin, à ce que j’ai cru comprendre, s’appelle Bien Dien. J’ai été étonné de trouver dans ce coin un superbe café à flan de colline, les tables s’étalant sur de petites terrasses en étages sur la pente, à l’abri de manguiers, arbres à pain et autres. Il y a une petite fontaine, un peu kitch, au milieu d’une petite mare en forme d’haricot, pleine de nénuphars. Par contre, pas une bière ! Juste café, thé, jus de fruit...
Bang !... Je sursaute... Bang !... Purée ! Il y a un gars qui s’exerce à la kalach !! Mais cela à l’air normal pour notre hôte, l’amie d’une de nos collègues vietnamiens. Il y a une espèce de stand de tir non loin, qui, je suppose, doit dépendre de l’armée ou de la police. Enfin, ce café nous rappelle, comme souvent ailleurs au Vietnam, que Richard Clayderman, Enrico Macias, Christophe et d’autres chanteurs français des années 60 et 70, qui m’étaient inconnus jusqu’alors, sont toujours des stars internationales. Entre deux chansons, on entend la B.O. de film la plus populaire au Vietnam, le thème du Parrain.
Voilà, ce petit tour au café sur la colline était la conclusion de notre séjour à Nha Trang, où nous n’avons pas eu tellement de temps libre durant ces six jours de travail (bah, de toute manière, le temps a été abominable), juste avant de prendre l’avion pour Ho Chi Minh Ville, ce 30 novembre très pluvieux.
Ah ! Quand même, une dernière mention pour l’Institut Océanographique de Nha Trang, notre partenaire, qui se modernise. Le musée se développe, et de nouveaux aquariums devraient s’ouvrir en 2003. Faites-y donc un tour si vous passez par là.
30 novembre 2002