éditée par P. Picquier
dimanche 13 mai 2001, par Laurent Letable
Il est difficile de présenter un tel ouvrage tant celui-ci est riche d’auteurs et de sujets. Le titre lui-même est sans équivoque : « Mille ans de littérature vietnamienne - Une anthologie ». C’est édité par P. Picquier dans une collection de poche, au numéro 127, d’où le format commode. À titre indicatif, le prix est de 69 F, ce qui est raisonnable vu la richesse de l’ouvrage.
Le livre commence par un avertissement des traducteurs relatif aux choix en partie idéologiques de ce recueil. Cela n’entame absolument pas l’intérêt dans la mesure où l’ouvrage nous offre un gigantesque panorama sur cette culture riche et originale. Par ailleurs, je trouve plutôt sympathique de découvrir les talents poétiques de Ho Chi Minh. Ensuite, l’ouvrage est divisé en trois grandes parties.
La première est consacrée à « la littérature savante viêt », allant du onzième siècle au début du vingtième siècle. Elle commence par une introduction générale sur l’histoire du Vietnam et de sa langue au confluent de nombreuses influences. Elle présente ensuite des extraits significatifs d’auteurs divers. Beaucoup de genres sont abordés, poésies, récits historiques, traditions, législations, etc.
Par exemple, ces conseils aux disciples du bonze Van-Hanh ( ? - 1018, dont on ne connaît que le nom de famille) :
L’accent est néanmoins porté sur la question sociale et les critiques du colonialisme dans le choix des extraits, surtout à partir de la période de la colonisation française, mais cela n’enlève rien à la beauté des poèmes présentés.
Puis une seconde grande partie est consacrée à « la littérature populaire viêt » comportant des contes et légendes, dont une « histoire de fantômes ! » qui brosse un portrait peu flatteur de la médecine populaire, des romans qui sont racontés en résumé faute de place, des proverbes « Femme sans mari, Barque sans gouvernail », ainsi que des poèmes et des chansons populaires. L’ouvrage s’achève sur une dernière partie consacrée à « la littérature orale des ethnies minoritaires » comportant des chansons, des récits légendaires, des poèmes.
La seule critique que l’on pourrait faire à ce genre d’ouvrage est que l’on regrette bien souvent que les extraits soient si courts tant ils sont parfois captivants. Mais c’est la loi du genre. Raison pour laquelle, enfin, il me semble que les traducteurs ont bien travaillé. Ne parlant ni n’écrivant le vietnamien, je laisse cette appréciation au jugement des spécialistes. J’espère en revanche que les traducteurs nous permettront de pouvoir enfin lire intégralement la plupart des œuvres présentées en extraits, notamment les romans et les pièces de théâtre.
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