Metropolis, la belle Metropolis, l’orgueilleuse
La génération Albator (génération des 25-30 ans) ne sait peut-être pas que Rin Taro est le réalisateur d’Albator, cette série qui a marqué tant d’esprits.
Rin Taro n’est pas un inconnu donc. Considéré comme un maître de l’animation, sa filmographie intègre des oeuvres fortes telles que Gunm, Kamui, Le roi Leo (avec notamment Osamu Tekuza), Galaxy Express 999, X et bien d’autres grandes animations qui ont jalonné sa carrière et notre mémoire.

Remettre Fritz Lang au goût du jour paraît relever d’un travail titanesque. Mais Rin Taro, comme tout artiste de la japanimation, est un travailleur acharné. En outre, il reprend l’histoire de Osamu Tekuza (une autre grande pointure de l’animation japonaise), scénarisée par la sommité qu’est Katsuhiro Otomo ! Tout semble donc réuni pour faire de ce long métrage quelque chose d’immense. Reste à savoir si ce gigantisme est capable de distiller une alchimie qui nous émeut.
D’emblée, nous sommes frappés par la démesure des décors, ces immeubles qui grattent le ciel. Hommes, femmes et enfants pullulent dans cette méga-cité. Comment la visiter de la meilleure façon qui soit si ce n’est en compagnie de deux étrangers : un détective japonais et son neveu à la recherche d’un criminel international. Ces derniers vont donc parcourir de fond en comble cette jungle urbaine où les nantis habitent à la surface. Ce côté nous ramène à l’histoire de Gunm où les privilégiés demeurent près des nuages. Les décors justement sont un mélange de styles disparates empruntant à l’infographie moderne et au design d’un ancien temps, avec de grandes mécaniques genre Les Temps modernes de Charlie Chaplin. Tout cela se marie néanmoins avec bonheur. Il en découle des endroits qui nous sont à la fois familiers et étrangers. Une réussite donc. Nos yeux restent captifs du travail acharné et méticuleux des dessinateurs. Il faut bien une bonne dose de contemplation et de respect !

Les personnages sont à l’image des décors en ce sens qu’ils sont dans un style vieillot. On a l’impression que Ken’Ichi (héros du film) possède des bras de Popeye. Le détective japonais est un Dupont (les Dupont de Tintin), mais en plus fouillé. Inversement proportionnels à la complexité de la ville, les traits des personnages sont très épurés et caricaturaux, mélanges de mangas et de bandes dessinées européennes.
Justement, le propre d’un dessin animé est de rendre les personnages attachants. Le sont-ils ? Ken’Ichi s’avère être le classique héros faiblard sans grand intérêt. Il ne brille même pas par son humanité. Son oncle, le détective, bénéficie de plus de présence, mais reste relativement typé dans son personnage de flic.
Seule Tima, le personnage central du film, attire l’attention par sa pureté et son innocence. Nous n’attendions pas moins de ce personnage. Il ne nous déçoit pas, même si nous aimerions nous y attarder davantage.

Rock est un personnage attachant malgré le fait que ce soit un ‘méchant’. C’est un l’un des personnages des plus extrêmes animé d’un sens de pitié familiale rare. Un desgrands thèmes asiatique.

Metropolis, intrigue fouillée avec machinations politiques et aspirations métaphysiques, s’avère à la première vision grand mais aussi suffisant. Nous ne sortons pas de la salle ébahis, malgré le déluge d’effets. Pourtant, votre serviteur s’est efforcé d’aller à nouveau le voir. La deuxième vision m’a permis de m’attacher davantage au détail ainsi qu’au mouvement de l’histoire. J’ai beaucoup apprécié le rythme et la musique jazz utilisée à bon escient. C’est un vrai film. On aurait pu voir à la place des acteurs en « live ». Cette seconde fois, l’émotion transparaît... pas très forte, mais elle est là. Preuve que Metropolis fait partie des grands films qui se bonifient avec le temps.
L’empreinte d’Otomo est profonde aussi. Nous retrouvons ses référents (robot, gigantisme de la ville, interaction entre machine et homme). La fin de Metropolis ressemble à s’y méprendre à celle d’Akira, et c’est dommage. Les robots sont d’une importance majeure dans Metropolis. Les auteurs n’ont pas sû à mons sens les rendre assez originaux, leur donner des caractères nouvaux. Au lieu de cela, on puise dans la S.F. passée.

Rin Taro est connu pour son réaliste et sa minutie. Et nous nous perdons effectivement dans des décors fastes et fouillés, et certaines scènes sont tout bonnement impressionnantes. Dans celle où l’on voit la neige tomber, on se croirait dans la vraie neige. La mélancolie qui s’en dégage n’échappe pas à notre cœur.
Metropolis, un film à voir ? Certainement. C’est aussi un film à revoir pour en découvrir toutes les facettes. La première vision ne permet pas d’embrasser l’intrigue complexe ni d’absorber les effets graphiques et spéciaux. Reste que l’on frôle le chef-d’œuvre. Frôler seulement, car il manque une humanité et des émotions.
Ah oui, pour les joueurs de Jeu de Rôle, Metropolis (plus encore que Neo Tokyo d’Akira) peut être un cadre de jeu idéal. La ville est tellement détaillée que cela devient une aide de jeu fabuleuse ! J’imagine déjà des centaines d’heures de jeu où des aventuriers parcourent l’immense cité en la découvrant petit à petit...
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