Origine et histoire
Les techniques de base de l’aïkijutsu auraient été pratiquées dès la période Kamakura (1192-1333) et codifiées par Minamoto no Yoshimitsu (1045-1127), célèbre samouraï de cette période. Les guerriers du clan Mimamoto l’auraient pratiqué pendant des siècles jusqu’au moment où la famille Takeda, du clan d’Aïzu, en hérite. Elle en aurait perfectionné sa pratique et définit les points vitaux du corps humain où les atemis, « coups », devaient être portés. L’une des plus célèbres écoles d’aïkijutsu est l’école Daito, créée à la fin du XIXe siècle. M. Ueshiba, le fondateur de l’Aïkido, en a suivi l’enseignement.
En effet, les origines de l’aïkido se trouvent dans l’aïkijutsu de l’école Daito, fondée par le Prince Teijun, sixième fils de l’empereur Seiwa (850-880 apr. J.-C.). L’art fut transmis de générations en générations jusqu’à Shinva Saburo Yeshimitsu auquel il semble qu’il faille faire remonter les vrais débuts de l’aïkido.

Puis, le secret des techniques passa de nouveau dans le plus grand secret aux générations successives de la famille Takeda, nom pris puisque les pratiquants vivaient dans cette province. En 1574, Takeda Kunitsugu se rendit à Aïzu, et les techniques prirent le nom de Aizu han otome waza.
L’Art resta dans cette famille jusqu’à ce que le Japon émerge de l’ère Meiji en 1868. À cette époque, Takeda Sokaku, le chef de la famille, commença de l’enseigner en dehors de sa famille. Son fils Tokimune ouvrit un dojo de Daito à Hokkaido et poursuivit le développement de l’aïkijutsu. Son élève le plus connu fut M. Ueshiba. Lui-même eut des élèves célèbres, dont Soke Gozo Shioda, fondateur de l’aïkido yoshinkan.
Les vieilles écoles
L’aïkibudo
Il est considéré comme l’une des formes dures de l’aïkido, par exemple l’école Daito aïkubo, c’est le nom que l’on donnait à ce que O’sensei enseignait à l’origine.
Le yoseikan
Mochizuki, connu pour avoir introduit la pratique de l’aki en Occident, forma deux Français à son Art, Jim Alcheik et Alain Floquet. En 1982, ce dernier, qui enseignait toujours l’aïkido jujutsu yoseikan, d’après le nom du dojo de Maître Mochizuki, prit, pour dénommer sa pratique issue de son évolution et de ses recherches, avec l’accord de Maître Mochizuki Minoru, le nom d’aïkibudo, ce qui clarifia la situation par rapport à l’aïkido moderne également enseigné en France.
De plus, il renoua le contact avec l’école mère et l’héritier du Daito ryu aiki jujutsu, Takeda Tokimune, fils du grand maître Takeda Sokaku, qui lui confia la mission de le représenter, et intégra cette connaissance originelle de l’aïki jujutsu dans son enseignement de l’aïkibudo, aux côtés de celle de l’école d’armes du Katori shinto ryu (cf. kobudo).Le yoshinkan, style enseigné par Gozo Shioda, est aussi une forme dure de l’aïkido, ayant des techniques aussi dures qu’efficaces. Il est enseigné surtout à la police.
Les écoles traditionnelles
Aikikaï
Il s’agit plutôt d’un style enseigné de multiples façons. Mais en fait, ce nom recouvre la forme où le sensei Ueshiba Kisshomaru s’est imposé.
Iwama ryu
Sensei Morihiro Saïto est à la tête d’une forme différente de l’aïkido traditionnel. Il fut sans doute l’un des étudiants qui resta pourtant le plus longtemps auprès de O’sensei. Le travail avec les armes y tient une grande place.
Les écoles ki
Un des points les plus particuliers dans les écoles d’aïkido est l’apparition dans les années 1974 d’une organisation « kino Kenkyukai », fondée par Koichi Tohei, chef instructeur de l’aïkikaï, pour enseigner l’aïkido selon le concept du ki. Le style est plus doux qu’en aïkido traditionnel et se caractérise par des mouvements souples.
Les écoles de style sportif
Une des grandes coupures qui se produit en aïkido est due à l’intégration de celui-ci, à sa rationalisation dans le monde du sport par Kenji Tomiki, fondateur d’une nouvelle école, la Tomiki ryu. Ancien disciple de O’sensei Jigaro Kano, il introduisit cette forme d’enseignement à l’université. De plus, il pensa que la compétition ne pourrait que servir l’aïkido. Il définit des katas, et des combats à mains nues ou armées.
Aujourd’hui, au Japon, un seul organisme est habilité à diffuser les techniques d’aïkido : la Zaidan Hojin Aïkikai Aïkido Honbu, dont le président est le fils de Maître Ueshiba Kisshomaru.
Des centaines d’universités, de clubs, y sont rattachés et en dépendent. En Europe, la Fédération européenne d’aïkido regroupe douze associations reconnues par la Fédération internationale d’aïkido, seule organisation reconnue sur le plan mondial.

Fondateurs et grands maîtres
Maître Ueshiba (1883-1969) commença d’enseigner, dès 1938, « la voie de la divine harmonie ».
La quête spirituelle qu’il entreprit repose sur trois visions. La première eut lieu en 1925, après avoir gagné un combat contre un sabreur connu, dans un jardin. Il eut une révélation, celle de la compréhension de la première fois du monde, la sensation de faire un avec la nature. La seconde eut lieu en novembre 1940, alors qu’il était en train de faire ses purifications, vers deux heures du matin. Il eut l’impression d’avoir oublié toutes les techniques martiales apprises. La troisième eut pour cadre la période de la Seconde Guerre mondiale. Il eut la vision d’une paix totale qui devait être l’unique finalité du guerrier. L’aïkido lui apparut comme le remède à toute cette violence, son unique budo.
Sa vie commence le 14 décembre 1883, à Tanabé, au Japon. Enfant de faible constitution, souvent malade mais très intelligent, il étudie le chinois et la religion bouddhiste sous la direction d’un prêtre. Il porte un intérêt marqué à la prière et à la méditation. Pour se renforcer physiquement, son père le pousse à pratiquer le sumo et la natation dès l’âge de 10 ans.

En 1901, il part à Tokyo et ouvre une librairie papeterie. Il étudie le ju-jutsu au Kito-ryu et le ken-jutsu au Sinkage-ryu. De nouveau malade, il retourne à Tanabé. Quelque temps plus tard, il épouse Itogawa Hatsu. À 20 ans, il part s’engager dans un régiment d’infanterie, où il apprend le combat à la baïonnette. Il quitte l’armée en 1906 et retourne à Tanabé.
En 1910, le gouvernement japonais lance un projet pour repeupler Hokkaido. Ueshiba décide de partir en 1912 avec sa famille et un groupe de 80 personnes. Ils fondent la ville de Shirataki. La vie est très dure. L’hiver est très long, les récoltes sont mauvaises. Mais la détermination de Ueshiba motive les colons. C’est à cette époque que Ueshiba rencontre Sokaku Takeda, Maître de l’école Daito de jujutsu. Ueshiba l’invite à rester chez lui pour qu’il lui enseigne son art.
En 1919, il apprend que son père est gravement malade. Il abandonne ses terres à Maître Takeda et part pour Tanabé. En route, il entend parler de Onisaboro Deguchi, un grand maître spirituel de la secte shinto Omoto Kyo se trouvant à Ayabé, près de Tokyo. Ueshiba décide de lui rendre visite.
Arrivé à Tanabé, il apprend que son père est mort depuis quatre jours. Très peiné, il passe de longs mois à méditer et à prier. Il décide de s’installer avec sa famille à Ayabé et entre dans la secte Omoto Kyo. Il ouvre le dojo Ueshiba Juku pour les adeptes de la secte. Il y développe sa propre idée du budo. Sa notoriété grandit, et, en 1923, il appelle son art aïki-bujutsu. Pendant cette période, il aura souvent la visite de Maître Takeda.

En 1924, il décide de suivre maître Degushi en Mongolie pour fonder une communauté utopiste, centre spirituel pour l’amour et la fraternité universelle, selon les principes de l’Omoto Kyo. Six mois plus tard, après d’innombrables difficultés, le gouvernement chinois les fait emprisonner. Ils évitent d’être fusillés grâce à l’intervention du gouvernement japonais.
De retour au Japon, Maître Ueshiba reprend son entraînement, développant son art, connu sous le nom de Ueshiba aïki-jutsu. Sa réputation s’étend à travers tout le Japon. De grands maîtres d’Art Martiaux viennent le voir pour le défier. Jigaro Kano, le fondateur du judo, envoie ses meilleurs élèves étudier l’art martial qui deviendra aïkido en 1942. Maître Ueshiba est invité à faire de nombreuses démonstrations dans tout le Japon et, entre autres, devant la famille impériale. Il donne des cours à l’académie de police militaire. Au début de la guerre au Japon, Maître Ueshiba part à Iwama près de Tokyo. Il y pratique l’agriculture et ouvre un dojo, le Hombu Dojo, aujourd’hui sanctuaire de l’aïkido.
En 1948, les Américains, qui ont interdit toutes pratiques martiales au Japon, autorisent la reprise de l’enseignement de l’aïkido pour son caractère de paix et de recherche de vérité. L’Aikikai Foundation est officiellement ouvert le 9 février, dirigé par Kishomaru Ueshiba, le troisième fils de Ueshiba. Le développement de l’aïkido à travers le monde commence alors. Maître Tohei, 10e dan et pratiquant de la première heure, est envoyé aux États-Unis pour enseigner l’aïkido. De nombreux maîtres le suivront dans différents pays. Maître Ueshiba acquiert le titre de O’sensei et continue à perfectionner l’aïkido. En 1969, il tombe malade et meurt le 26 avril. Kisshomaru Ueshiba est l’actuel Doshu ou Maître de la Voie. Il continue, avec l’aide des grands maîtres à travers le monde, à développer l’aïkido et à diffuser l’esprit de Maître Ueshiba dans son message de paix.
Styles et applications
Le corps est utilisé comme une arme de combat. Les nombreuses techniques varient de la projection à l’immobilisation. Les atemi waza, art d’attaquer les points faibles du corps de l’adversaire, s’ajoutent à certains principes de déséquilibre.
Ce qui domine est l’impressionnante fluidité des mouvements ; il en existe près de sept cents en aïkido. Le principe de base est l’irimi, le mouvement d’entrée. L’aïkido conçoit tout mouvement comme un cercle ou une spirale. L’irimi permet de pénétrer dans ce cercle ou cette spirale pour projeter son partenaire en utilisant la force de l’attaque.Le travail de l’aïkido est composé de plusieurs formes :
• Le travail à « mains nues » est la forme traditionnelle de travail. Il se décompose en trois formes : suwari waza (les deux partenaires sont à genoux), hamni handachi waza (l’attaquant est debout) et tachi waza (les deux partenaires sont debout).
• Le travail avec les armes est un dérivé de la pratique à mains nues.
Trois facteurs fondamentaux peuvent être mis en oeuvre pour faire chuter.
• Le premier, le plus répandu, consiste à porter une clé douloureuse sur les articulations du partenaire et à lui laisser une seule solution pour fuir la douleur : la chute.
• Le second, moins fréquent et plus difficile pour un débutant, consiste à créer et accentuer le déséquilibre du partenaire jusqu’à ce qu’il chute. Le déséquilibre peut être obtenu par interposition de son propre corps (mouvement de hanche de type judo) ou par un simple mouvement en traction ou en poussée d’un bras, d’une épaule, etc.
• Le troisième, réservé aux pratiquants confirmés, est en fait une forme particulière du second. Il s’agit de créer ce déséquilibre en se jetant au sol pour emmener son partenaire par dessus soi en chute. Cela s’appelle un sutemi (sacrifice de son corps).
L’aïkido : principes, armes et vêtements, étiquette
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