lundi 2 juin 2003, par Marylène
Le 56e festival de Cannes, qui s’est déroulé du 15 au 25 mai 2003, vient de se clôturer. Deux personnalités asiatiques étaient membres du jury :
Aishwarya Rai, comédienne bollywoodienne aux yeux gris-verts, est un sublime porte-parole de l’Inde puisqu’elle fut Miss Monde en 1994.
Sacrée meilleure actrice dans son pays en 1999 pour son rôle dans Hum Dil De Chuke Sanam et vue dernièrement dans Devdas, film pour lequel elle a recuilli le prix de la meilleure actrice le 19 mai dernier.
Jiang Wen est un acteur, réalisateur, producteur et scénariste chinois. Il avait reçu le Grand Prix du Festival de Cannes en 2000 pour son film Les démons à ma porte (Guizi lai le).
Sur les vingt longs métrages en compétition, deux étaient japonais et un était chinois :
Shara de Naomi Kawuse, lauréate de la Caméra d’Or en 1997 pour son premier film, Suzaku. Cette comédie dramatique, tournée à Nara, n’a pas vraiment provoqué de remous chez le public cannois.
Synopsis : Marquée par la disparition de l’un de ses enfants, la famille Aso doit réapprendre à vivre et à communiquer.
Bright
future (Akarui mirai) de Kiyoshi Kurosawa, le réalisateur de Kaïro et Charisma. Ce drame avec Joe Odagiri et Tadanonu Asano, très déconcertant pour qui ne connaît pas les oeuvres du réalisateur, a reçu un accueil très réservé de la part des festivaliers.
Synopsis : À la mort de son colocataire et collègue Mamoru, le jeune Yuji est chargé de veiller sur son animal de compagnie : une méduse venimeuse.
Purple Butterfly de Lou Ye, réalisateur qui avait obtenu plusieurs prix pour son film Suzhou River. Ce film avec Liu Ye et Zhang Ziyi, la révélation de Tigre et Dragon, n’a pas passionné les foules des salles cannoises.
Synopsis : Après l’invasion de la Mandchourie par les troupes japonaises en 1928, un groupe de résistants chinois organise la lutte armée à Shanghai.
La section Un certain regard a proposé, entre autres, les films suivants :
Arimpara
de Murali Nair (Inde), avec Nedumudi Venu et Master Bhagyanah
Synopsis : En Inde, un villageois développe une petite verrue juste sous la lèvre. Elle grossit comme une trompe et le transforme en éléphant.
Robinson
Crusoë de Lin Cheng-sheng (Taïwan), avec Leon Dai et Kuei-Mei Yang
Synopsis : Robinson, promoteur immobilier, décide d’acheter une île qu’il a trouvée grâce à Internet.
All Tomorrow’s Parties de Yu Lik Wai (Chine), avec Cho Yong Wom, Diao Yi Nan et Zhao Wei Wei
Synopsis : Dans un XXIe siècle postapocalyptique, la secte Guia Dao règne en maître en Asie continentale. Zhuan et son frère cadet Mian sont arrêtés, séparés puis déportés, afin que leur esprit dissident soit rééduqué.
Drifters
de Wang Xiaoshuai (Chine), avec Long Duan et Yan Shu
Le réalisateur avait reçu l’Ours d’argent au festival de Berlin en 2000 pour son film Beijing Bicycle.
Synopsis : Expulsé des États-Unis, Hong retourne en Chine sans son fils. Il passe ses jours à traîner en ville et rencontre Xianou, une jeune actrice d’opéra.
Pour la 35e édition de la Quinzaine des réalisateurs, il n’y avait qu’un film japonais en compétition :
Gozu de Takashi Miike, le réalisateur de Audition
et de Visitor Q, film avec Hideki Sone et Sho Aikawa
Synopsis : Sur ordre du Parrain, un jeune yakusa doit éliminer celui qui lui a sauvé la vie. Le fera-t-il ?
Au cours d’une séance spéciale, fut projeté en première
mondiale le film musical d’animation franco-japonais Daft Punk
& Leiji Matsumoto’s Interstella 5555 : the 5tory of the 5ecret 5tar 5ystem, réalisé par Kazuhisa Takenouchi.
On avait déjà pu remarquer la participation de Leiji Matsumoto, créateur de Captain Harlock (Albator), au clip "One More Time" du groupe
techno-rock français Daft Punk.
L’ensemble des chansons du
dernier album du groupe, "Discovery", est ainsi mis en images pour aboutir à ce film dont l’animation fut supervisée par le maître japonais.
L’histoire, dénuée de paroles, raconte les aventures d’un groupe techno poursuivi par les forces du Mal. Cette oeuvre est sortie le mercredi 28 mai dans plusieurs salles françaises.
Lors de la Semaine de la critique internationale, fut présenté en séance spéciale Oasis (rien à voir avec notre site Web ou le groupe du même nom !
),
une comédie dramatique de Lee Chang-dong, réalisateur de Peppermint Candy (Bakha satang) et actuel ministre de la Culture en Corée du Sud, avec Sol Kyung-gu, Moon So-ri, Ahn Nae-sang, Ryoo Seung-wan.

Succès public et critique en Corée du Sud, le film a obtenu le Prix spécial de la Mise en scène pour Lee Chang-dong, le Prix Marcello Mastroianni
à une jeune actrice pour Moon So-ri et, enfin, le prix de la Fédération internationale de la presse cinématographique (FIPRESCI) au Festival de Venise en 2002.
Synopsis : Un jeune arriéré mental s’éprend d’une jeune fille tétraplégique.
Le directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, a décoré James Lester Peries de la médaille d’or Fellini. Cette distinction salue « les grandes carrières cinématographiques et les initiatives
originales ». En 2001, le cinéaste sri-lankais et sa femme, Sumithra Peries, avaient déjà été honorés, en France, de la médaille de Deauville et du Lotus d’Or pour leur contribution au Cinéma d’Asie.
À 83 ans, Lester James Peries, l’auteur de La
Ligne du destin, adapte La Cerisaie d’Anton Tchekhov et dépeint le déclin de l’aristocratie bouddhiste au Sri Lanka dans son film Le Domaine, qui a été présenté à Cannes en séance spéciale hors compétition.
Chose peu sue (car probablement peu dite) : un seul film asiatique a reçu une récompense à Cannes cette année. Il s’agit de
S-21, la machine de mort khmère rouge, un documentaire cambodgien réalisé par Rithy Panh, qui a obtenu le Prix François-Chalais. Revenus dans le centre de torture et d’exécution de Tuol Seng, à Phnom Penh, victimes et bourreaux témoignent. Produit par Arte et l’INA, ce film est programmé le lundi 2 juin, à 22 h 30, sur Arte.
Enfin, glamour et divertissement lors de la soirée organisée par l’Ambassade de l’Inde sur la plage d’un palace de la Croisette, le Carlton Beach Restaurant, pour honorer et promouvoir le cinéma indien.
Le thème de cette soirée était : « La femme indienne est le véritable " héros " du cinéma indien ».
Encadrée de bougies, décorée de tissus traditionnels et de vasques d’eau couverte de pétales de fleurs, une gigantesque tente avait été dressée sur le sable et offrait un dépaysement total aux invités dont les allées et venues étaient rythmées par le tintement permanent de centaines de clochettes suspendues aux accès.
Cette fête, qui eu lieu le 19 mai, sortait également de l’ordinaire par la très nette concurrence faite au
smoking par le sari et la bandhgala, veste indienne de gala à col fermé.
Madame Savitri Kunadi, ambassadrice de l’Inde à Paris, et Monsieur Ravi Shankar Prasad, ministre délégué à l’Information et à la Radiodiffusion, ont accueilli les quelque 700 invités. Parmi ceux-ci, plusieurs acteurs indiens évidemment, notamment Shilpa Shetty, Aishwarya Rai, Vivek Oberoi et Irfan Kuan, ainsi que Shekhar Kapur, réalisateur du film Elizabeth, récompensé par un Oscar en 1998. La Confédération indienne de l’Industrie avait également convié la styliste Ritu Berri qui présentera à Paris en juillet une première collection haute couture.
Le ministre indien de l’Information a pris quelques instants la parole pour vanter l’industrie cinématographique nationale, qui produit plus de 1 000 films par an, et assurer au passage les producteurs étrangers des « facilités d’accueil » proposées aux équipes de tournage.
Projeté sur un écran constitué d’un mur d’eau de 6 m de large, une rétrospective du cinéma indien, présentée par Priya Dutt, a rendu hommage à sa vraie star, "
la femme indienne ", selon le mot d’ordre
de la soirée. Le mélange d’interprétations cinématographiques a rappelé l’évolution de la femme dans le cinéma indien. Les années
60 furent celles de la " femme simple ", les années 70, celles de la " rebelle ", les années 80, celles de la " femme
affirmée ", les années 90, celles de la " femme dynamique ", et avec le nouveau millénaire vient la " nouvelle femme
indienne ", celle des films Joue-la comme Beckham et Le
Mariage des moussons. Pour chaque décennie,
une chanson représentative fut interprétée. L’actrice et danseuse Shilpa Shetty s’est produite sur la scène dans des chorégraphies bollywoodiennes.
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