Bônenkai :
Cela signifie littéralement « réunion pour oublier l’année »... l’alcool aidant. C’est une coutume qui remonte à l’époque Edo et qui se déroulait dans le cadre familial. Maintenant, elle consiste en des « réunions à boire » entre anciens camarades de classe, patrons et employés, ou entre amis.
Joya no kane :
Littéralement « cloche de la nuit qui supprime ». Joya indique la dernière nuit de l’année, synonyme de ômisoka (ci-dessous), kane, la cloche des temples. Lorsque enfin minuit est arrivé, on sonne 108 coups de cloche dans les temples pour supprimer les 108 bonnô (passions, fautes) qui affligent continuellement les Hommes (croyance bouddhique). Ce n’est que lorsque le 108ème coup a fini de retentir que le Nouvel An est accueilli, purifié.
Oomisoka :
Le « grand dernier jour du mois ». Il désigne le dernier jour de l’année, le dernier jour du dernier mois. On procède en ce jour aux rites destinés à dissiper les maux et la mauvaise fortune accumulés au cours des douze mois écoulés.
Tashikoshi soba :
« Nouilles de sarrasin du passage de l’année ». Ce plat de nouilles fines et longues, symbole de longévité, se mange dans la nuit en écoutant sonner les 108 coups de joya no kane.
Ganjitsu (jour du commencement) ou
gantan (matin du commencement) :
Signifient le jour de l’An, autrefois le 1er jour de la nouvelle année lunaire.
O shôgatsu :
Littéralement « mois principal ». Le Nouvel An s’accompagne de trois jours fériés. C’est avant tout l’occasion de se retrouver en famille. Le matin du 1er janvier, on boit du saké aux herbes médicinales (o-toso), censé chasser les mauvais esprits de l’année et apporter une bonne santé. On prend aussi de l’o-zôni (bouillon de légumes et de viande ou poisson) et les plats traditionnels de fête o-sechi. On lit la pile de nengajô (cartes de vœux qui ne doivent pas arriver avant le 1er) que le facteur vient de distribuer (c’est le pire jour pour lui). Les jours de congé se passent à rendre visite à la famille, aux amis. On procède à des gestes hautement propices comme écrire sa première calligraphie (kakizome), faire sa première cérémonie du thé (hatsugama), son premier arrangement floral (hatsu-ike)... Ou on part en vacances. Et on peut organiser aussi une shinnenkai (réunion de Nouvelle Année), le pendant du bonenkai...
Hatsumôde :
« La première visite au temple de l’année ». Elle doit avoir lieu entre le 1er et le 7 janvier. Les Japonais
s’y rendent en principe en grande tenue : kimono pour les femmes, hakama pour les hommes. Après s’être purifié la bouche et les mains avec de l’eau, on offre ses prières et ex-voto (ema). Ce rite est toujours extrêmement suivi. Le « Meiji jingû », célèbre sanctuaire shintoïste en l’honneur de l’empereur Meiji, à Tokyo, reçoit plus de quatre millions de visiteurs durant les trois jours de congé du nouvel an.
Ema :
Littéralement « peinture, dessin de cheval ». Cela désigne la plaquette votive de bois peinte à l’effigie du signe zodiacal de l’année (en 2003, c’est le mouton), sur laquelle on trace au pinceau le contenu de ses vœux.
O-sechi ryôri :
Littéralement « cuisine de saison ». En l’occurrence, les plats du Nouvel An. Traditionnellement, les femmes
étant interdites de cuisine au moment de la nouvelle année, elles préparent à l’avance les plats de fête. Elaborés, divers et de bonne conservation, ces mets allient saveurs de la mer (daurade, crevettes, pâte de poisson, algue...) à celles de la terre (racine de lotus, bardane, tarot, navets, châtaignes...) en marinades et longues mijotades. Ils sont disposés dans quatre boîtes laquées superposées (jûbako) et se mangent donc froid. De nos jours, on peut les acheter tout prêts (o-sechi setto) dans les grands magasins et supermarchés.
O-kazari :
« Les décorations ». Après avoir nettoyé à fond leur maison, les Japonais se préparent à faire bon accueil au dieu de l’an neuf (toshigami - du shintoïsme) à l’aide de décorations symboliques. Le kadomatsu est fait de branches de pin (matsu) - symbole de d’éternelle jeunesse -
de trois bambous biseautés - symbole de descendance prospère - et de paille fraîche évoquant l’abondance des moissons. Suspendu au seuil de la maison, le shimenawa, grosse tresse de paille décorée, est censé apporter la bonne fortune et repousser les démons.
Parmi les nombreux autres éléments favorables, on trouve :
Le daidai (orange amère), qui assure la continuité de la lignée ; ce symbole est davantage un jeu de mots, car il joue avec l’homophonie du terme signifiant « de génération en génération ».
L’algue laminaire kobu, gage de bonheur, car elle rime avec yorokobu qui veut dire « se réjouir ».
Les kagamimochi, gâteaux de riz mochi (riz gluant pilé au mortier après cuisson), offrandes censées apporter force et vitalité.
Seulement à partir du 1er janvier, la formule la plus courante est...
qu’on peut réduire à « akemashite omedetôgozaimasu » ou encore « shinnen omedetôgozaimasu ».
Une autre formule très courante, plus masculine :
Après avoir ainsi présenté vos vœux, vous pouvez ajouter une des phrases suivantes pour indiquer votre souhait de voir se poursuivre les bonnes relations que vous avez eues jusqu’ici avec le destinataire ou de pouvoir compter encore sur son aide, sa faveur, ses services...
(au cours de l’année passée,
vous m’avez rendu bien des services)
(je vous demande que [nos relations - sous-entendu -] soient bonnes cette année encore)
Ces expressions sont celles qui doivent être exprimées le 1er. Normalement vos cartes de vœux (nengajô) doivent arriver ce jour même. Les Japonais indiquent sur l’enveloppe qu’il s’agit d’une carte de vœux pour que la poste attende le 1er pour la distribuer.