Je prends un taxi au pied du mini-hôtel encore en construction, où j’ai passé la nuit. Il est 5 h du mat’, et il pleut. Les rues sont quasi désertes. Néanmoins, les premiers levés prennent leur petit déjeuner sur le pas de leur magasin, accroupis autour d’une petite table en plastique. Une fille vêtue style tailleur, remarquable dans ce genre d’assemblée matinale, va sans doute à son travail dans un bureau à l’autre bout de la ville. On passe un brasero à un
angle de rue où un gars y remue les bouts de bois qui projettent des étincelles malgré la pluie. Et puis, les premières mob... Il est 5 h, Hanoi s’éveille.
Du quartier Est, le taxi prend une espèce de périphérique à trois voies assez récente. Tout d’un coup, il pile, me réveillant de mon demi sommeil d’habitué aux grasses matinées dominicales. Effectivement, se trouve devant nous sur la trois-voies un marché improvisé de fruits et légumes, à ce que je devine au travers des vitres kaléidoscopes, alors que la pluie ruisselante s’intensifie. Des camions à la remorque ouverte dégorgent des trucs verts grâce à de nombreux chapeaux pointus hyper actifs. D’autres déballent de leurs gros sacs juchés sur leurs vélos toutes sortes d’autres choses vraisemblablement végétales. Le taxi se fraye un chemin à coups de klaxon dans ce Rungis improvisé qui aura sûrement disparu dans quelques heures. Au bout de 50 m, on retrouve une trois-voies libre, et le taxi accélère de nouveau, tout en faisant attention aux vélos ou aux mobylettes qui surgissent de la nuit à contresens et qui apportent leurs produits au marché qu’on vient de dépasser. Plus loin, nous rencontrons un autre marché improvisé, mais celui-là dédié aux fleurs, et qui n’entame q’une seule voie.
Enfin, on récupère la route qui mène à l’aéroport alors que la faible lumière du soleil levant prend assez de force pour percer la couverture nuageuse, et le mélange de pluie et de brume.
J’attends, comateux, dans la salle d’embarquement, et je sympathise avec un habitant d’Hanoi qui travaille pour une grosse marque automobile et dont la famille est en partie agricultrice et en partie aquacultrice. Échange de clopes de l’amitié... Mouais... À 6 h du mat’... Mais bon, je suis debout depuis assez longtemps.

Dès la sortie de l’aéroport, dans mon faux taxi, je me retrouve sur la route principale, Tran Phu, qui longe la mer. Quel plaisir de revoir Nha Trang et de retrouver la même activité dans les rues comme si je ne les avais quittées que la veille ! Mais il y a quelques changements. Le parc d’attractions qui était encore en construction il y a un an est désormais achevé. Une succession de manèges, tobogans aquatiques, piscines et buvettes sur peut-être 300 m de long au bord de la plage. Beurk... Plus loin, on peut voir des bungalows en construction au niveau d’une petite base de bateaux de pêche.
eu quelques nouveaux aménagements sur la plage, là où il y a ces bars et restaurants en face de la tour du Lodge Hotel. Un renfort en béton, aménagé en promenade, longe désormais ces restaurants pour les protéger de l’érosion et des vagues lorsque la mer est grosse. Apparemment, cet été, un de ces restaurants a été bien abîmé. Le vieux 4 Seasons Cafe a laissé la place à un nouveau réaménagé. Le Coconut est toujours bien là, avec sa déco de bambous et de tables en souches d’arbres.

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