THE LOVERS


de Tsui Hark

 
 
 
 

Pour moi, c'est l'un des films ou même le film le plus émouvant de Tsui Hark et mon préféré ; quoique cruel dilemme, mon cœur balance entre La secte du lotus blanc (fan de Jet Li oblige…) et celui-ci.

Les personnages sont très attachants, les acteurs jouent l'évolution de leur personnage avec beaucoup de finesse, la musique est envoûtante, et l'esthétisme du film, très soigné. Charlie Young passe avec une telle aisance de l'adolescente facétieuse et naïve à la femme amoureuse brisée par son destin…

C'est le genre de film qui vous «poursuit» pendant des jours. À la fin de la première projection, je suis restée assise un bon moment sans bouger, à attendre quoi, au fait ? Que cela recommence ? Oui, mais j'aurais tellement aimé pouvoir changer le cours de la destinée de nos deux amoureux !

C'est un remake (le premier film avait été réalisé par Li Hanxiang) tiré de la légende de Leung Shan-Pak (Nicky Wu) et Chuk Ying-Toi (Charlie Young) ; l'histoire de Roméo et Juliette en Chine.

La première partie du film est légère, une pure comédie, puis on glisse doucement vers le drame, mélodrame fantastique à la fin.

Chuk Ying-Toi est une jeune fille (unique) un petit peu fantasque et naïve, qui n'est pas du tout attirée par les études ; c'est sa servante (petite Lin) qui se charge des devoirs à sa place. Lors d'un contrôle improvisé de ses acquis par ses parents, on s'aperçoit qu'elle a bien évidemment d'énormes lacunes ; elle est incapable de jouer de la lyre, de réciter un poème ou de calligraphier correctement quoi que ce soit. Sa mère décide alors de l'envoyer au collège (réservé seulement aux garçons à l'époque), car elle-même y avait été dans sa jeunesse pour parfaire son éducation.

Chuk Ying-Toi, étant la fille d'un haut fonctionnaire de la cour impériale, se doit d'avoir une éducation complète pour pouvoir se marier. Elle part donc au collège «Sun-yee», travestie en homme. Pour éviter que la supercherie ne soit découverte, la directrice complice lui permet de dormir dans la bibliothèque, lieu habituellement interdit aux étudiants.

L'arrivée dans la bibliothèque est un moment épique : un étudiant pauvre, nommé Shan-Pak, y a déjà élu domicile pour étudier au calme. Les deux étudiants finissent par sympathiser et atteignent un compromis ; ils conviennent de cohabiter, la bibliothèque étant un lieu assez vaste pour eux deux.

Le film bascule doucement lors de la rencontre avec le moine ; celui-ci, ancien étudiant du collège, a vécu une histoire d'amour avec une étudiante de bonne famille qui avait dû finir par se marier selon sa condition sociale.
Ying-Toi en reçoit un choc, car elle commence à éprouver des sentiments pour Shan-Pak. Elle comprend que leur histoire (qui n'a pas encore véritablement commencé) ne peut avoir lieu.

Shan-Pak, qui lui aussi ressent pour Ying-Toi de l'affection, découvre qu'elle est en réalité une femme. Après la réussite de l'examen du collège et sa promulgation de sous-préfet, il décide de demander Ying-Toi en mariage à ses parents. Mais un parent de la famille impériale l'a devancé avec un faste et des cadeaux somptueux qui ne font qu'accentuer la condition modeste de Shan-Pak.

Le mariage arrangé par les parents de Ying-Toi avec ce haut personnage décide de la fuite de Ying-Toi et
Shan-Pak. Mais leur tentative échoue ; Ying-Toi est alors séquestrée par sa famille et Shan-Pak, tombé malade, se meurt.

Le jour de son mariage, Ying-Toi pleure des larmes de sang et de douleur, tout comme Shan-Pak toussait du sang lors de la séquestration de Ying-Toi. Une tempête oblige le cortège nuptial à passer à côté de la tombe de Shan-Pak. Ying-Toi court s'y recueillir ; la tombe s'ouvre et se referme sur elle.

Les amoureux papillons sont enfin réunis et pourront s'envoler dans le firmament pour l'éternité.

Les magnifiques couleurs du film sont, selon l'intensité du moment et des situations, subtilement utilisées. Elles soulignent avec finesse les émotions des personnages.

L'espièglerie que montrent nos deux personnages dans la première partie du film est très rafraîchissante ; lorsque, par exemple, Shan-Pak ou Ying-Toi sonnent la cloche des cours, avec concours de grimaces à la clef, voilà un des moments savoureux que l'on n'oublie pas.

Le thème musical que joue Shan-Pak lors de la punition de Ying-Toi ne nous quitte pas sitôt la fin du film (d'ailleurs, je l'ai encore en tête tout en écrivant ce modeste article).

C'est un film à regarder ABSOLUMENT. Vous verrez, je vous le promets, vous ne le regretterez pas !

KIM,
une lectrice d'Oasies.




Fiche technique :
Titre : The lovers (Liang Zhu)
Réalisation : Tsui Hark, Hong Kong (1994)
Scénario : Tsui Hark et Sharon Hui
Musique : James Wong, Wu Wai Lap
Photographie : Chung Chi Man
Décor : William Cheung
Acteurs : Charlie Young, Nicky Wu, Zheng Tonglai, He Run Ton, Carrie Ng, Lau Shun
Durée : 104 min
Distribué entre autres chez HK Vidéo, en V.O.S.T.
(La musique du film est sortie sur un CD de compilations de musiques de films de Tsui Hark.)

Oasies, Les fenêtres de l'Orient
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