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Romeo Must Die
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Ce film tant attendu par la rédaction d'Oasies n'est pas encore sorti en France, alors qu'il devait prendre l'affiche en juin. On a ensuite annoncé sa venue sur les écrans pour le 20 septembre 2000. À l'heure où j'écris ces lignes, pas l'ombre d'un Jet ne se profile à l'horizon de la France. La distribution des films avec des acteurs asiatiques est toujours aussi hoquetante. Il n'en est pas de même pour des réalisateurs comme John Woo par exemple. Seul Jackie Chan a su tirer son épingle du jeu. Son dernier film, Shanghai Kid, a bénéficié d'une sortie nationale sur les écrans français et à la date prévue. Heureusement que la sortie du film Romeo Must Die en VCD et DVD nous permet de suivre la carrière du fameux Jet Li. Cette méga star de Hongkong est parti comme ses collègues (Jackie Chan, John Woo, Kirk Wong, Yuen Biao...) à la conquête de l'Ouest. Mais l'Ouest est-il conquis ? La percée occidentale de la star trouve son origine dans le film l'Arme fatale IV, où Jet Li tient la dragée haute à Mel Gibson. Beaucoup de spectateurs occidentaux et même certains Asiatiques ont découvert alors une nouvelle star de l'Asie. Jet Li est tellement impressionnant de virtuosité dans ce film que nombre de personnes sont retournées en salle pour essayer de suivre à nouveau ses mouvements martiaux. Cela allait trop vite pour eux. Hallucinant est le mot qui revenait sans cesse dans leur bouche. À partir de ce moment, ils ont essayé de découvrir la filmographie du "Jet", une filmographie déjà très riche. L'attente du prochain film du Jet fut d'autant plus longue en raison des reports successifs de la sortie de Romeo Must Die. Aux États-Unis, le film a connu un succès d'estime malgré le manque de budget (!!!) pour la promotion du film. Romeo Must Die, comme son nom l'indique, nous raconte l'histoire d'une lutte de clans avec, en fond de toile, l'histoire d'amour classique. Ici, on rapproche et oppose deux ethnies : les Asiatiques et les Noirs. Le fait d'associer les Noirs à un film asiatique n'est pas nouveau. Dans les années 70, on a vu Jim Kelly (acteur noir spécialiste d'arts martiaux) apparaître dans un film de Bruce Lee, Opération Dragon (Enter Dragon). Il faut savoir que Bruce Lee a non seulement donné de la fierté aux Asiatiques, mais aussi à toutes les minorités ethniques. Il est donc logique que Noirs et Asiatiques se rencontrent pour à nouveau faire du cinéma. Jackie Chan l'a lancé en tournant avec Chris Tucker (Rush Hour). Jet Li ira donc plus loin en ayant une histoire d'amour avec une Noire qui plus est chanteuse. Il boucle là une carence des Asiatiques : la musique, soit l'absence d'une musique réellement pour les jeunes. Habile choix donc. L'avenir nous dira si ce choix est payant. L'histoire de RMD est donc classique. Le Jet, emprisonné à Hongkong, s'enfuit pour enquêter sur le meurtre de son petit frère aux États-Unis. Évidemment, il se trouvera opposé au clan noir adverse. Par un hasard digne du cinéma, il rencontrera l'héroïne et l'épatera par son côté martial. Vous l'avez compris, rien de nouveau. Avec ce scénario sans surprise, on attendait mieux du rôle du Jet. Il se la joue chevaleresque, un peu comme dans tous ses films. Il est le garant indémodable de l'ordre moral, de la gentillesse, de l'honnêteté, bref, c'est le bon. Inaltérable et sans aucune originalité. Rien ne change pour Jet Li, on a l'impression de le connaître par cur. Transposé ici dans un contexte états-unien, son personnage semble presque anachronique, mais apparaît comme le seul " vrai bon " Asiatique, les autres ayant une conduite indigne des leurs. Une conduite américanisée ? Le Jet, contrairement à Jackie Chan dans son dernier film, n'adopterait donc pas la voie états-unienne. Mais comme vedette du film, il en est étrangement absent. En effet, on le voit peu. Face à un Jet sans surprise, la chanteuse, même
si son rôle est très classique, suscite l'intérêt.
^____~ ! Surtout que la belle ne manque pas de charme. Force est de constater qu'à chaque instant on nous présente le rêve américain du film asiatique. En ce sens que l'on a l'impression que Hollywood s'est payé un plat exotique tout en choisissant les ingrédients. Il s'ensuit un film fade où la caméra s'est plus attardée du côté " noir " que du côté asiatique. Évidemment, on peut mieux comprendre des scènes de comédie des Noirs américains que celles des Asiatiques. Le même problème frappe les films de John Woo. On essaie de transposer l'Asiatique à tout prix dans un carcan états-unien. Les fans du Jet viennent souvent le voir aussi pour ses prouesses martiales. Là encore, ils seront déçus, car le film abuse des câbles pour rendre les combats plus spectaculaires. Or, cela donne des scènes irréalistes et ridicules. Jamais ce genre d'erreur n'est commis dans un film policier réaliste de Hongkong. On veut épater l'Américain moyen ? Autres choses, le look du jet n'est pas très soigné, les mouvements visuels sont moins fluides, ce qui est dommage. Le talent de Jet Li est gâché ! Le bruitage des combats a toujours eu des consonances disgrâcieux aux États-Unis. RMD ne déroge pas à cette règle. Quand on sait que le son participe au moins à 50 pour 100 à l'effet visuel, Jet Li perd 50 pour 100 de son pouvoir. Bruce Lee, en son temps, dans Opération Dragon, a eu un son de qualité. Le Petit Dragon était probablement intraitable sur tous les points. Par moment dans les scènes de combat, nous avons droit à quelques images de synthèse qui montrent l'efficacité des coups portés par le Jet. On nous "radiographie" en quelque sorte les os qui se brisent. Il est regrettable que cette idée soit mal exploitée, nous laissant plutôt une impression de racolage. Malgré une qualité photo satisfaisante, la réalisation ne casse pas des briques. Les séquences d'action sont mal dosées. On passe de longues heures en palabres et, quand il y a combat, ce n'est pas toujours justifié. Cependant, applaudissons le superbe générique et ses jeux sur la typographie autant chinoise qu'occidentale. Des lettres arrivent à l'écran avec des mouvements de filé. Le graphiste du générique s'est-il trompé de film ? C'est le deuxième film états-unien de Jet Li comme interprète principal. Ce film, malgré une réalisation plus maîtrisée que le premier essai (The Defector, aussi connu sous le nom de Dragon Fight), n'en reste pas moins un navet pour tout fan du Jet qui se respecte. Mais peut-être que ce film satisfera le commun des mortels. Quoi qu'il en soit, ce dernier pourra se divertir un tant soit peu. Il ne reste plus qu'à attendre que le Jet reçoive
un traitement à la hauteur de son talent. Luc Besson, qui projetterait
de travailler avec lui, pourra-t-il redonner des lettres de noblesse à
cette star ? En tout cas, on le lui souhaite. Jet Li a peut-être
commis une grosse erreur en jouant le méchant dans L'arme fatale
IV (comme se plaît à nous le répéter Jackie
Chan). Ce deuxième film hollywoodien n'apporte rien à sa
filmographie, mis à part qu'il apparaît aux côtés
d'Aaliyah et qu'on le voit gesticuler sur MTV. Espérons
que Jet Li saura trouver le chemin que Chow Yun-Fat a emprunté.
Ce dernier a su trouver des rôles très diversifiés
qui l'imposent comme un grand acteur. Athama Ashen Fiche
technique :
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