|
Il était une fois en Chine
|
|||
![]() |
Comment parler d'un monument du cinéma
asiatique, car, assurément, Il était une fois en Chine
(IFC)
est une uvre majeure du cinéma de HongKong. Ce
film impose Jet Li comme la nouvelle étoile de HongKong et, bien sûr,
du Sud-Est asiatique. Son réalisateur n'est autre que Tsui Hark, le
producteur des éblouissantes Histoires de fantômes chinois. Tsui
Hark que l'on surnomme le Spielberg asiatique !
Avec Histoires de fantômes chinois, Tsui Hark sait que le film à costume connaît une renaissance. Il se met en tête de faire son film de sabre, mais sans refaire son erreur Zu, The Warrior of the Magic Mountain qui était un peu trop obscur, même pour un Asiatique Remettre en scène les aventures d'un personnage historique tel que Wong Fei Hung sur grand écran peut être une excellente idée, mais faire renaître ce héros sous les traits de Jet Li relève du génie. Jet Li qui justement était sorti auréolé de la trilogie des Shaolin Temple. Cet acteur au charisme indéniable se moulera allègrement dans la peau de maître Wong. On suppute déjà qu'il pourrait être enfin le digne successeur du Petit Dragon. L'histoire d'IFC nous plonge directement dans la révolte de Taï Pan. Souvenez-vous de Charlton Heston dans les 55 jours de Pékin. Tsui Hark nous refait la révolte des Boxers, mais du côté asiatique. Je m'étais dit "Super, Jet Li va botter le cul des Occidentaux" ! Mais le réalisateur ne s'est pas fourvoyé dans cette bassesse. Il essaie simplement de nous retranscrire le chaos qui pouvait régner dans la baie de Fushan sous l'occupation des navires occidentaux. Qu'ils soient Chinois ou Occidentaux, tous sont traités de la même façon. Dans un camp comme dans l'autre, les méchants pullulent ! À Tsui de souligner aussi la prise de conscience des Chinois qui, de par leur division, voient leur terre submergée par les puissances étrangères. Le rôle de maître Wong Fei Hung dans l'histoire de la Chine moderne peut apparaître comme déterminant. En effet, en tant que pratiquant des arts martiaux, il est en quelque sorte le garant des traditions millénaires, l'exception culturelle. Avec l'intrusion des idées occidentales, une école d'arts martiaux est taxée de secte ! Et cette idée n'aurait aucune substance si les différents clans d'artistes martiaux ne se faisaient pas la guerre pour la suprématie de leur école. Chaque maître veut asseoir son style ! Tsui Hark brode
donc sur ce thème de la division chinoise et de l'envahissement de
l'étranger. Comme d'habitude, il nous insuffle sa vision légère
du monde avec des scènes de comédie à dormir debout.
Même si ce réalisateur possède une idée acérée
de cette époque, sa retranscription est diluée par l'introduction
intempestive du comique lourdingue. Yuen Biao, qui joue un des comiques de
service, en fait des tonnes. Or, on n'a pas besoin de ça. La tension
de l'époque et la portée de l'uvre auraient dû plutôt
inciter le réalisateur à insuffler de l'épique.
Le film se bonifie néanmoins avec le temps, chaque visionnement apportant un détail supplémentaire. Mais les détails justes, même par milliers, ne peuvent faire un excellent film. Tsui Hark n'aurait pas dû hésiter dans ses prises de position. Il n'a donc fait ni un film comique, ni un film dramatique, ni un film historique. À force de trop en vouloir, il a produit une uvre qui manque de force et de cohérence. On a du mal à y adhérer. C'est comme si tous les ingrédients du chef-d'uvre étaient là, mais le film ne décolle pas malgré l'entrain de Jet Li ! Ce film introduit un paradoxe intéressant, car, sans être excellent, il est devenu un film culte. C'est probablement le fait d'imposer un nouveau héros chinois aux Occidentaux. Je dirais que ce film est important à voir pour connaître :
l'esprit des Chinois au moment de l'envahissement occidental Pour prolonger
cette découverte du Chinois (l'homme en question, savoir ce qu'est
un Chinois), je vous invite à redécouvrir sans tarder Fist
of Fury (la fureur de vaincre) avec le plus chinois de tous, Bruce
Lee. Athama
Ashen
|
||
![]() |
|||
|
Tante
Yee revient de l'occident...
|
|||
![]() |
|||
|
Master
Wong en chez les indiens. Pas très convaincant...
|
|||
![]() |
|||
|
La
pose typique de Jet Li, celle qui l'a rendu célèbre à
l'instar de Bruce Lee, remarquons qu'au passage que ni Jackie Chan, ni Vandamme,
ne possède ce genre de geste esthétique... On ne s'en lasse
pas !
|
|||
![]() |
|||
|
Le
regard d'aigle...
|
|||