THE BRIDE WITH WHITE HAIR


de Ronnie Yu

Amoureux transi… Le chef de la secte maléfique
(Lin voilée) Le mystérieux instrument de mort, tout de blanc vêtu…
Yi-Hang, épéiste hors pair, veut quitter le monde martial
Cruellement déçue, Lian Ni-Chang a littéralement pâli de douleur et de rage…
 
 

Adaptation du roman de Liang Yu-Sheng, The Bride with White Hair est une sorte de Roméo et Juliette sur fond de guerre entre la dynastie Ming et l'envahisseur mandchou, qui met en scène le clan Wu Tang et une secte "maléfique", où Roméo tient davantage du héros occidental à la Hamlet, et où Juliette, instrument de mort, ne se demande pas ce qu'est un nom, mais s'en fait donner un de bien romanesque façon.

Si l'on accepte d'emblée que Leslie Cheung puisse être un épéiste hors pair et qu'il forme avec Brigitte Lin un couple de jeunes premiers frais comme des roses, on passe un très bon moment. Ronnie Yu réussit à bien camper les deux protagonistes dans leur milieu respectif et à bien tisser la trame entre eux ainsi qu'autour d'eux.

Dans un décor idyllique, Yi-Hang (Cheung) et Lian (Lin) connaissent des ébats passionnés qui feront sans doute rigoler certains Occidentaux. La maladresse ressentie vient de l'inexpérience et de l'inconfort visibles de Brigitte Lin dans ce genre de scène, malgré toute la pudeur qui est conservée (Leslie Cheung en a vu d'autres… entre autres, Tony Leung, euh… plus tard il est vrai… je m'égare). (Note du Rédact'Chef : "Hé, pas de blague sur Tony Leung, hein ? C'est mon idole ! Grr..."). Nous avons cependant droit à des seins ailleurs, rarissime vue pour un tel film en ces années ! Il faut dire que la secte maléfique qui nous les offre est très païenne et haute en couleurs, spectacle encore une fois inusité.

Ce ne sont pas les seules surprises du film. Les personnages féminins s'avèrent forts et implacables, voire froids, alors que les principaux personnages masculins souffrent de tourments existentiels ou amoureux ! En effet, le héros, contrairement au héros chinois habituel, refuse son destin et repousse son milieu ; et va jusqu'à faillir en amour. Belle leçon qui nous rappelle que, amoureux, nous sommes plus fragiles qu'on ne le croit. D'un autre côté, l'héroïne nous démontre que l'amour surmonte tous les obstacles, mais ne pardonne pas les défaillances.

Ah ! Il est bien cruel le sort des amoureux… Le monde qui les entoure n'en est pas moins cruel. Barbare, cette époque ? Pas plus que la nôtre... Mais comme c'est du cinéma, une musique lyrique nous caresse et une mise en scène inspirée - et nocturne, soulignons-le - nous entraîne dans le sillage de ces guerriers. Et ça pourrait être plus sanglant encore ! Brigitte Lin est véritablement à son meilleur dans les scènes d'action et de fureur. Dommage que la fin verse dans un humour de bas étage qui gâche quelque peu notre plaisir…


Le couple infernal… Sœur et frère siamois, rejets du clan Wu Tang

Peut-on contrecarrer le destin ? L'Amour est-il le plus fort ? La suite, The Bride with White Hair II, nous le révèle peut-être…

Clio,
une lectrice d'Oasies

Fiche technique :
Titre : The Bride with White Hair (aussi Jiang Hu : Between Love and Glory) Année : 1993
Provenance : Hongkong
Réalisation : Ronnie Yu
Scénario : Ronnie Yu, David Yu
Producteurs : Raymond Wong et Michael Wong
Direction photo : Peter Pau
Principaux interprètes : Leslie Cheung Kwok Wing, Brigitte Lin Ching Hsia, Francis Ng Chun Yu, Elaine Lui Siu Ling


Oasies, Les fenêtres de l'Orient
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