Chen Zhen ne possède que ses poings. Toute sa philosophie découle de sa science des arts martiaux.
L'inévitable scène du "dojo" japonais.
Chen Zhen et son maître Ho Men Hua. Pour la première fois, on a la chance de voir le maître.

 

Fist of Fury

Avec Donnie Yen - série télévisée



Fist of Fury représente beaucoup pour les Chinois. Aujourd'hui, on peut comprendre enfin toute l'importance de ce film grâce à un "remake" télévisé. Le feuilleton Fist of Fury reprend l'intégralité des scènes du film tout en développant quantité de choses que le long métrage n'avait pas le temps d'aborder. On découvre tout d'abord le passé de Chen, les plans machiavéliques des Japonais, mais surtout l'histoire de Ho Men Hua, le maître tant respecté. Les Chinois soignent toujours les scènes de combat même quand il s'agit de séries télévisées. Fist of Fury avec Donnie Yen n'est pas en reste.

Chen représente le Chinois typique de cette époque, à savoir qu'il est dépassé par ce siècle comme la Chine est dépassée par les autres pays. Il n'a pas beaucoup d'instruction et se rapproche plutôt du paysan. Le Chinois se fera donc dominer autant par le Japonais que l'Occidental qui sont beaucoup plus "évolués", beaucoup plus "intelligents". Il sera telle une marionnette que ses voisins promènent où bon leur semble. Malgré le fait que Chen Zhen soit allé à l'université (un peu tardivement), il reste quelqu'un de très simple.

À l'instar de Chen Zhen qui est souvent méprisé, on fait comprendre au Chinois qu'il est un être inférieur. La Chine, tel un dragon fatigué par les siècles glorieux, semble ne pas vouloir sortir de son sommeil.

Mais un jour, Ho Men Hua rencontre Chen. Ce maître découvre que le jeune homme possède une aptitude particulière pour les arts martiaux. L'élève finira par dépasser le maître, mais sera toujours en perte de vitesse face à ses adversaires qui ne vivent que par la manipulation. Chen est un beau naïf et un idéaliste sans borne, et cela est très négatif dans un monde où les valeurs n'ont plus cours. Pourtant il persiste (on ne peut apprendre la ruse à un altruiste !) et agit de manière impulsive dans ce qu'il croit être le plus juste. Face à la ruse, il n'a que ses poings. Quand on tue ses amis, il s'empresse de les venger. Il s'attire bien sûr plein d'ennuis, puisqu'il vit dans un monde policé et qu'il ne peut faire justice lui-même. Il lutte sans cesse pour que son peuple retrouve son honneur perdu. Il meurt même pour prouver au monde entier que les Chinois ne sont pas des lâches et qu'on ne peut leur marcher impunément dessus. Le sang du petit dragon a permis au grand dragon de s'éveiller. De la même manière que Chen a permis aux étrangers de craindre les Chinois dans le passé, Bruce Lee a joué le même rôle de nos jours.

Donnie Yen, acteur et artiste martial, n'a pas de mal à revêtir le costume de Bruce Lee. Son imitation du Petit Dragon est assez remarquable. Le feuilleton se laisse regarder, et l'on se surprend à frémir l'espace d'un instant. Chen Zhen (Donnie Yen - Bruce Lee - Jet Li) a redonné du courage et de la fierté aux Chinois et, au-delà, à tous les Asiatiques opprimés. Merci.

Athama Ashen




 

Oasies, Les fenêtres de l'Orient
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Francité